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Transports lausannois

La mobilisation relance les négociations CCT-tl

Aux tl, la mobilisation du personnel et du SEV a permis de débloquer une situation figée depuis des mois. Alors que la direction refusait toute marge financière pour la nouvelle convention collective de travail (CCT), elle accepte désormais d’entrer en matière et d’investir. Une avancée importante, même si de nombreuses questions restent ouvertes. Les membres ont validé la reprise des négociations, mais ils garderont le dernier mot sur le résultat final.

Après des mois de blocage, la situation a évolué ces derniers jours. À l’automne 2025, la direction des transports publics lausannois (tl) voulait imposer une négociation « à zéro franc », conditionnée à un véritable chèque en blanc. Une position jugée inacceptable qui a déclenché une forte mobilisation du personnel.

Cette mobilisation a porté ses fruits. Comme le souligne Aline Zuber, secrétaire syndicale SEV, « on passe de zéro franc à une entrée en matière de la direction pour injecter de l’argent visant à financer ces mesures ». Un changement de cap capital, qui ouvre enfin la porte à des discussions concrètes sur les conditions de travail.

Une négociationsur de nouvelles bases

Le 4 mai, la direction a présenté au SEV ses positions sur les revendications syndicales ainsi que les siennes propres. Elle accepte d’entrer en matière sur plusieurs revendications clés : réduction du temps de travail, revalorisation des indemnités (de nuit, du dimanche et de piquet), un meilleur congé paternité, revalorisation du salaire des jeunes conductrices et conducteurs, reconnaissance du permis D ou salariale.

Ce nouveau cycle repose sur un équilibre encore fragile. Si des avancées sont possibles, la direction met aussi sur la table des demandes qui suscitent des interrogations. Parmi elles, la possibilité de négocier l’annuité en cas de « situations exceptionnelles ».

Sur ce point, rien n’est encore défini. « Il faut définir ce que pourrait être cette situation exceptionnelle. De plus, une telle concession, si elle était acceptée, impliquerait une compensation pour les salarié·es et les syndicats qui soit à la hauteur de l’enjeu », insiste Zuber. Une question centrale, car elle touche directement au mécanisme salarial et aux garanties des salarié·es.

Des avancées, mais aussi des zones d’ombre

La syndicaliste rappelle également que le processus en est encore à ses débuts : « La seule chose qu’on a acceptée, c’est discuter ». Autrement dit, rien n’est acquis et chaque mesure devra faire l’objet d’un rapport de force et d’une validation démocratique.

L’assemblée du SEV du 5 mai a permis au personnel de prendre connaissance des propositions de la direction et a envoyé un signal clair en acceptant la reprise des négociations.

Si la dynamique est plus favorable, plusieurs éléments restent incertains. Le périmètre des discussions est limité et certaines revendications importantes ne sont pas encore prises en compte. Par ailleurs, les contraintes financières et politiques pèsent toujours fortement sur les tl, dans un contexte d’austérité au sein des TP.

Le SEV entend utiliser cette nouvelle phase pour améliorer concrètement les conditions de travail. Certaines idées sont déjà sur la table, notamment pour rééquilibrer les concessions envisagées. Mais tout reste à construire dans le détail.

Le dernier mot aux membres

Dans ce contexte, la mobilisation reste essentielle. Le rapport de force qui a permis d’obtenir une ouverture devra se maintenir dans la durée pour transformer l’essai. Cela passe par un recrutement actif des collègues pour augmenter encore la représentativité et la force syndicale à la table de la direction. La reprise des négociations marque donc une étape importante, mais la suite dépendra de la capacité du personnel à rester mobilisé et uni.

Comme le rappelle le SEV, c’est la participation active des salarié·es qui permettra d’arracher une meilleure CCT. Un élément fondamental distingue cette phase : le contrôle démocratique. Chaque avancée sera discutée, débattue et validée collectivement. « Rien n’est écrit », rappelle Aline Zuber, et le résultat final sera soumis au vote des membres.

Ce principe garantit que l’accord éventuel reflétera réellement les attentes du personnel. Il constitue aussi un levier de pression important dans les négociations : la direction sait que seule une proposition équilibrée pourra être acceptée.

L’assemblée du 19 mai a permis d’affiner les positions syndicales sur chacun des points qui seront transmises à la direction le 10 juin - date à laquelle les parties échangeront chacune leurs positions précisées.

La prochaine échéance, une première séance de négociation le 25 juin. Nous vous informerons de la suite.

Yves Sancey

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